salut,
j'espere que les fetes se sont bien passés. eh bien, il y a quelques jours,
j'ai sorti de mes tiroirs un vieux CD de salsa. c'etait pour noel, tout seul
dans ma chambre sans rien de particulier a faire, vu la nulité de ce qu'on
proposait le PAF(parc audiovisuel françois), la teloche ou la radio(d'ailleus,
le moyen auquel je suis plutot branché ces derniers temps).
ainsi donc, et vu qu'on peut pas faire du bruit dans nos chambres d'infortune,
ce qui me fait penser qu'on est de plus en plus bridé dans nos agissements
et tout cela a cause des souricieres ou boites de sardines, appelez-les comme
bon vous semble les soi disant logements dans lequels on est obligés de vivre.
eh uh, je disais donc que j'ai branché mon casque(pour le bruit) et place à
la musique. je me suis eclaté comme pas possible, et ce qui est le plus
surprenante, tout cela sans alcool. je crois que je suis malade me disais-je.
Cela à été, un saut de presque trente ans en arriere, un voyage qui ma permis
de revivre ces grand moments de ma vie, de ma jeunesse. Decidement, je ne
changerais rien de tout cela pour rien au monde. je crois encore entendre ce
moment magique ou le groupe est annoncé par le presentateur et que le batteur
marque avec ses baguettes le tempo pour commencer a jouer le morceau. dans
ma tete il y a encore ces images ou les danceurs n'attendent que les percussions
et les cuivres donnent les premieres mesures du morceau pour se lancer a corps
perdu dans l'extase de la dance.
Pour cela il faut planter le decor du film que j'ai revisionné dans mon esprit
tout au long de presque quatre heures d'affilé de musique de cette epoque.
A l'epoque ou je vous parle, si loin deja puisque il s'agit du siecle dernier et
pourtant si proche de nous, le monde etait divisé en deux; en tout cas moi, je le
voyais comme cela. ah, j'oubliais, mon histoire se passe en amerique latine et
plus precisement au Perou dans les années 80. Cela dit, je continue dans mon
voyage interieur pour preciser que a cette periode, moi j'etais a la fac et que au
meme temps je faisais partie d'un groupe de musique parti a la conquete du monde.
Aussi, il faut preciser que cette epoque a été, en tout cas en amerique latine,
une periode des profonds changements sociaux, culturels, economiques. Avant, tout
etait dicté par la propagande americaine du nord, que ce soit la mode, la soi-disant
"american way of life" et bien sur la musique, tout cela a travers la teloche et
la radio.
Mais, il y aura un evenement que va tout chambouler, que va remetre en cause tout
cet ordre etabli. eh oui, il s'agit de la naissance d'une jolie fille, de la plus
belle fleur née dans ce paradis qui est l'amerique latine. Ce n'est pas un hazard
si on dit souvent partout dans l'amerique latine que lorsque le bon dieu a crée
le paradis, au debut il etait un peu a court d'idées, et puis ensuite il a pris
comme modele l'amerique latine pour s'inspirer et que c'est ainsi qu'il a crée le
paradis.
Paradoxalement, cette belle creature a vu le jour a l'etranger; eh oui, cette beauté
est d'origines plus que modestes. De parents latinos, de nombreux peres latinos
d'ailleurs, au sein des pires ghettos que seulement l'amerique du nord est capable
d'engendrer. Et c'est dans ces memes ghettos des sa naissance qu'elle a su se faire
aimer par toute cette population marginale. On peut en deduire que ses premiers
amants etaient constitués des plus gros caids et voyous qui se disputaient parfois
a couteaux tirés le droit de s'enivrer avec sa sensualité, avec son exhuberance.
c'est ainsi donc que ses premiers adorateurs se comptaient parmi ces amants chauds
et des filles de joie ou a la moralité douteuse ayant comme facteur comun le fait
d'avoir la peau bassané propre a ces latinos ayant emigré vers le nord de l'amerique,
comme quoi, meme au milieu des pires enfers dignes des recits dantesques
la vie reprend ses droits et tout cela grace a l'amour de tous ces peres latinos
qui ont su la proteger, la cajoler, la cherir a travers leur creations, leur
interpretations pourqu'elle puisse s'epanouir et qu'elle puisse accomplir son
destin supreme : devenir l'element federateur(rice) de tous les latinoamericains
que l'ont tout de suite adoptée, que l'ont adorée, aimée a la folie avec tout
ce temperament propre de notre peuple latinoamericain. Ce n'est pas un hazard si
on dit que les latinoamericains sont parmi les amants le plus chauds de la planete.
eh oui....Je vous parle bien sur de la SALSA......elle a su se faire adopter par
tout le monde, sans barrieres des classes sociales. meme si au debut, elle a ete
la fille de l'amerique metisse, par la suite, meme les argentins, chiliens,
uruguayens qui ont toujours fait bande apart, l'ont aussi adoptée. les bresiliens
qui sont a eux seuls un monde apart, ont suivi et l'on appelée "tropicalidade".
Mais, helas, de par ses origines humbles, cette belle creature etait cantonée aux
populations marginales folles d'elle. les filles convenables n'etaient pas censées
dancer cette danse des "voyous" habillés comme des "voyous". C'est aussi la raison
pour laquelle je disais que a cette epoque le monde etait divisé en deux, a savoir,
l'ancien monde avec sa musique anglo americaine des années soixante et seventies,
avec les filles maigrichonnes, blondes de preference, en minijupes, dignes des
poupées americaines des fifties comme on voit dans les feuilletons dont l'un
des personnages est "Fonzie", des mecs aux cheveux courts, jeans serrés,
chausettes blanches et mocassins, et de l'autre coté la salsa, avec tout ce que
cela comporte, sa mode de soi disant "voyou", son coté interdit, son exhuberance
autant physique que emotionnel, sa sensualité propre des filles de chez nous.
Dans tout ce contexte, moi j'etait dans la deuxieme categorie. On avait choisi
cette musique nouvelle comme moyen d'expression. on avait nos supporters et surtout
des supportrices, de filles d'origines modestes la plupart en quete de vivre,
d'exister, d'exprimer toute leur sensualité juvenile a travers cette dance avec
son coté interdit qui fasait d'elles des filles apart et donc pas comme les autres.
Toujours a cette epoque, l'un des peres de cette belle creature et qui le lui
donnera ses lettres de noblesse par la suite, la fera sortir de son gheto pour
la faire regagner ses origines latinoamericaines ou elle sera acclamée comme la
reine sans partage, a travers des chansons qui ont été des mega tubes dans
toute l'amerique latine. Il s'agit de Mr Willie Colon et son orcheste(le voyou
des voyous, armé de son trombon meurtrier) que pendant 6 ans de carriere que
va signer les plus grands tubes de cette epoque magique pour la musique SALSA.
c'est avec ma petite collection des disques de cette artiste que je me suis eclaté
cette nuit de noel. que des souvenirs. je vois encore l'ambiance de chaque bal,
car il faudrait expliquer comme cela se passait alors. chaque lycée(des filles
ou des garçons, car a l'epoque etaient separés) travaillaient pendant les deux
derniers années d'etudes a faires des activités, en general des bals, afin
de recolter des fonds afin de financer leur voyage de promotion. des longs debats
avaient lieu afin choisir le ou les groupes a engager(assurer) en fonction de leur
disponibilités. des fois les contrats etaient signés un an ou six mois a l'avance.
je dis les groupes, car des fois il y avait deux groupes; la, il etait plus
excitant, car il s'agissait de deux groupes, en general, de deux styles deja
expliqués ci-dessus : salsa ou autre, souvenez vous, les deux mondes.
Il en va sans dire que au fur et a mesure que la date du bal approchait la
pression montait aussi. Et puis le jour du rendez vous tant attendu etant arrivé,
on arrivait dans la salle; une fois monté, installé le matos, tout etait pret
pourque la fete commence. Encore une fois, defilent dans ma tete, ces images
des filles qui arrivent a l'instant dernier ou on va commencer a jouer, car le
plus important dans le bal est le fait de ne pas rater le premier morceau,
celui qui determine la suite des evenements. A l'instant precis ou le presentateur
commence son speech, le plus important pour les gars est de chopper une fille
par la main; pour les presentations, on fera aprés, attendre la presentation
et puis les quelques secondes qui s'eternisent lorsque le batteur marque le tempo
pour demarrer le premier morceau ne font que incrementer l'adrenaline dans les
vaisseux sanguins des danceurs, filles et garçons. Apres tout, ils ont tant
attendu ce moment qu'on dirait des pur sang qui ne tiennent plus en place au
starting block prets a partir. Des que les pecussions et les cuivres executent
les premieres mesures, ca y est, les fauves sont lachés...mademoisselle la Salsa
a ouvert les portes de son royaume a tous ses vassaux avides d'extase comme
seulement elle est capable de nous donner. place a la musique. c'est toutes ces
emotions que j'ai revisionné dans cette soirée de noel. il y a encore d'avantage
des images qui defilent dans ma memoire de toute cette jeunesse avec leur
exhuberance, leur beauté en pleine extase de la dance et je me vois moi au milieu
avec mon groupe.....qu'elle est belle la vie. Je vois encore......oh, eh uh,
mais ce sera l'objet d'un autre article. allez, a la prochaine.